CultureFès

Tanneries Chouara & souks artisans

·1h40·0.9 km
Après le tour Fès el-Bali sud consacré aux monuments majeurs, ce parcours de 900 mètres vous emmène dans la moitié la plus artisanale de la médina : les souks Attarine, Henna, Sebbaghine, puis les tanneries Chouara — l'image de carte postale absolue de Fès — et enfin Cherratine et ses cuirs finis. Sept étapes pour comprendre comment, depuis le Moyen Âge, on parfume, on teint, on tanne, on coud, on vend dans le même kilomètre carré. Et pour aborder, sans complaisance mais avec curiosité, ce métier dur et fascinant qu'est le tannage traditionnel. Brin de menthe à portée de main : c'est plus une recommandation qu'une coquetterie.

Étapes du parcours (7)

  1. 1

    Souk Attarine, le souk des épiciers et parfumeurs

    Vous voilà au cœur du souk Attarine, juste au nord de la mosquée Karaouiyine. Devant vous, une ruelle couverte par des claies de roseaux, étroite, animée, bordée d'échoppes débordant de pyramides d'épices : safran jaune cru, paprika rouge sang, gingembre ocre, cumin terre de Sienne, et cette spécialité fassie qu'est le ras el-hanout, ce mélange de vingt à trente épices différentes qui change selon chaque maison. Au-dessus, des bocaux d'herbes séchées, des sacs de jute remplis de graines, et un parfum dense, complexe, parfois sucré, parfois piquant. Bienvenue dans cette deuxième visite Guide Audio HelloMorocco consacrée à Fès. Ce parcours de 900 mètres en sept étapes vous emmène dans le quartier le plus artisanal de la médina : les souks d'épices, de henné, de teinture, puis les tanneries Chouara, et enfin le souk des cuirs finis. Comptez environ une heure quarante avec les arrêts. Si vous avez fait le tour précédent, Fès el-Bali sud, vous arrivez tout naturellement ici depuis la place Seffarine ou la Karaouiyine. Sinon, soyez les bienvenus : on commence directement dans le vif. Attarine, en arabe, vient de attar, qui signifie le parfumeur. Ce souk a toujours été spécialisé dans tout ce qui relève du parfum, des épices et des produits aromatiques. Aujourd'hui, vous y trouvez de tout : des épices culinaires, mais aussi des herbes médicinales, des parfums sous forme solide en bâtonnets de bois — le bois de oud, le santal — et des produits que vous n'auriez pas imaginés trouver là, comme des cornes de gazelle séchées, des morceaux de pierre d'alun, ou de la corne pulvérisée pour l'artisanat. Levez les yeux : sur votre gauche, à environ 30 mètres, vous repérez la façade de la médersa Attarine, l'une des trois grandes médersas mérinides de Fès, avec Bou Inania et Sahrij. Construite en 1325 par le sultan Abou Saïd Othman, elle est plus petite que Bou Inania mais tout aussi raffinée. Elle a une particularité : elle est entièrement consacrée à l'enseignement, sans fonction de mosquée du vendredi. C'est une vraie petite université de poche, organisée autour d'une cour intérieure qui est l'une des merveilles du Maroc. Si vous avez le temps et le billet, entrez : la cour est plus intime que celle de Bou Inania, et la lumière qui tombe par l'ouverture zénithale en milieu de matinée est inoubliable. Le souk Attarine est aussi, traditionnellement, le souk des grandes familles de notables, le souk noble, le plus ancien, le plus prestigieux. C'était le quartier des pharmaciens médiévaux, des médecins, des notaires. La proximité avec Karaouiyine n'est pas un hasard : on faisait commerce des biens nobles et lettrés tout autour de l'université. Aujourd'hui encore, les baux de ces échoppes se transmettent de père en fils, et beaucoup de commerces ont plus de cent ans d'existence sur le même mètre carré. Continuons. Avancez environ 80 mètres en direction du nord, en restant sur la rue principale. La ruelle s'élargit progressivement, l'odeur change : les épices laissent place aux herbes vertes et au henné. Vous arrivez bientôt sur une placette ombragée, plus claire, plus respirante : c'est le souk Henna, et c'est là que je vous retrouve.

  2. 2

    Souk Henna, le henné et les herbes

    Vous voilà sur la placette du souk Henna. Devant vous, un platane, parfois centenaire, qui jette une ombre bienvenue sur la place. Tout autour, des échoppes plus petites, plus calmes que celles d'Attarine. Vous voyez des sacs de poudre verte — c'est le henné — des bocaux d'herbes séchées, et de jolies poteries bleues et blanches, typiques de Fès, qu'on appelle simplement les poteries de Fès. Cette placette a un charme particulier : c'est l'un des rares espaces ouverts et ombragés de la médina, propice à une pause de cinq minutes. Le henné, ce nom qui revient partout au Maroc, c'est une plante. Le henné, ou Lawsonia inermis, est un petit arbuste qu'on cultive surtout dans le sud du pays, autour de Tafilalet, et dont on fait sécher les feuilles avant de les réduire en poudre. La poudre verte qu'on vend ici est ensuite mélangée à de l'eau, à du jus de citron, parfois à du thé noir, pour former une pâte qu'on applique sur les mains, les pieds ou les cheveux. Selon la durée de pose et le mordant, ça donne une teinte allant du jaune orangé au brun rouille profond. À Fès, les motifs traditionnels appliqués sur les mariées sont géométriques, fins, complexes. Dans le sud, ils sont plus larges et figuratifs. À côté du henné, vous trouvez ici les autres ingrédients du hammam et du soin du corps : le savon noir, la pierre de ghassoul — une argile minérale lavante typique du Maroc — l'eau de fleur d'oranger, l'eau de rose, l'huile d'argan, l'huile de figue de Barbarie. C'est tout l'écosystème de la beauté traditionnelle marocaine qui se condense ici en quelques mètres carrés. Si vous écoutez attentivement, vous entendez peut-être un léger bruit d'eau, de vapeur, de bavardage féminin. C'est qu'à proximité immédiate se trouve un hammam traditionnel, et plus loin, à quelques dizaines de mètres, un autre. La place Henna a longtemps été l'antichambre des bains : on y achetait les produits du soin avant d'aller se laver. Aujourd'hui encore, c'est un point de passage féminin important de la médina, et les femmes du quartier viennent ici autant pour bavarder que pour acheter. Continuons. Quittez la placette par la ruelle qui descend vers le nord-est, sur environ 100 mètres. L'odeur va changer encore : un effluve plus chimique, plus pointu, mêlé d'une humidité persistante. Vous arrivez dans le souk Sebbaghine.

  3. 3

    Souk Sebbaghine, les teinturiers

    Vous voilà dans le souk Sebbaghine, le souk des teinturiers. Levez les yeux : au-dessus de votre tête, des écheveaux de fils suspendus à sécher, dégradés de rouges, de bleus, de jaunes safran. Devant vous, des ateliers ouverts sur la rue, où l'on aperçoit des cuves fumantes, des artisans aux mains tachées, qui plongent et ressortent des paquets de fil ou de tissu. L'air est chargé d'humidité et d'une légère odeur chimique — colorants synthétiques aujourd'hui, colorants naturels jadis. Ce métier de teinturier a fait la richesse de Fès pendant des siècles. La médina était spécialisée dans les soieries, les laines, les fils de coton qu'on teignait pour l'industrie textile locale et pour l'export vers l'Europe et le monde arabe. Au XIVe siècle, les teinturiers de Fès tenaient le monopole de plusieurs colorants prestigieux, comme l'indigo importé d'Inde, le rouge cochenille importé de Méditerranée, et le jaune safran cultivé localement. Aujourd'hui, les cuves utilisent majoritairement des colorants synthétiques, parce qu'ils sont plus stables, plus tenaces, et beaucoup moins chers. Mais quelques ateliers ont relancé la teinture naturelle pour les soieries de luxe et pour le marché touristique. Si vous voulez vraiment des fils teints à l'ancienne, demandez explicitement le colorant végétal, et acceptez de payer trois ou quatre fois le prix : c'est ce que ça coûte. Vous remarquerez que les ateliers fonctionnent à l'œil et au geste. Pas de thermostat, pas de chronomètre. Le maître teinturier juge la cuisson au reflet du tissu, à la viscosité du bain, à la couleur exacte que prend l'eau quand on plonge un coin de toile. C'est un métier qui demande dix à quinze ans d'apprentissage avant qu'on vous laisse mener une cuve. Et c'est aussi un métier qui se perd : la concurrence des ateliers industriels du nord du Maroc, et de la Chine, étrangle les petits teinturiers de la médina. Avant de continuer, observez le sol. Les eaux usées de teinture, autrefois, ruisselaient librement dans le caniveau central, qui rejoignait l'oued Fès. La ville était bleue ou rouge un jour sur deux, selon les commandes. Aujourd'hui, un système de récupération a été mis en place dans le cadre du grand projet de restauration du fleuve, mais on voit encore parfois des traînées de couleur sur les pavés. C'est moins de la pollution que de la mémoire urbaine. Continuons. Reprenez la ruelle qui descend vers le nord-est, sur environ 150 mètres. L'odeur va de nouveau changer, et cette fois, vous le sentirez vraiment. Tenez à portée de main votre brin de menthe ou un foulard parfumé, parce qu'on approche des tanneries.

  4. 4

    Approche des tanneries, le code social du quartier cuir

    Vous y êtes presque. Vous remarquez que l'environnement a complètement changé : les échoppes alignées tout autour de vous proposent désormais du cuir frais, des peaux suspendues à sécher au plafond, des sacs, des babouches, des poufs, des vestes, des ceintures. Et vous avez sans doute déjà été abordé par un, deux, trois vendeurs souriants qui vous proposent de monter sur leur terrasse pour voir les tanneries d'en haut. Petit décodage indispensable. Ces vendeurs sont des marchands de cuir dont la boutique a un accès direct, par escalier, à une terrasse qui domine les cuves. Le système est simple : ils vous laissent monter gratuitement, ou pour un pourboire symbolique, et en échange, ils espèrent que vous redescendrez par leur boutique et que vous y achèterez quelque chose. Ce n'est pas une arnaque, c'est un modèle économique. La vue sur les tanneries est leur produit d'appel. Quelques règles d'usage. Premièrement, ne prenez pas l'engagement de monter avec le premier qui vous aborde sans avoir un peu marché : les terrasses ne se valent pas toutes, et certains points de vue sont meilleurs que d'autres. Demandez-vous si vous voyez bien l'entrée de la boutique, si elle vous inspire confiance. Deuxièmement, le pourboire d'usage est de 20 à 50 dirhams par personne — pas plus. Si on vous demande davantage, vous pouvez décliner poliment. Troisièmement, vous n'êtes pas obligé d'acheter en redescendant. Un merci souriant suffit. Bien sûr, si vous trouvez quelque chose qui vous plaît, c'est l'occasion d'aider l'écosystème local. Quatrièmement, et c'est important : à l'entrée de la terrasse, on vous tendra un brin de menthe fraîche. Acceptez-le. Vous le porterez à votre nez quand l'odeur devient forte. La menthe a une vertu camphrée qui sature les récepteurs olfactifs et atténue franchement la perception. C'est une astuce locale millénaire, pas une coquetterie. Et si vous êtes très sensible aux odeurs, sachez que celle des tanneries traditionnelles, à base notamment de fiente de pigeon — j'y reviendrai tout à l'heure — est franchement présente. Particulièrement en été. Cinquième et dernière règle : photographiez largement, mais évitez de cadrer en gros plan les tanneurs au travail sans leur accord. Ce sont des hommes qui travaillent dur, dans des conditions difficiles, et la dignité de leur métier mérite qu'on les considère comme des artisans, pas comme des bêtes de zoo. Un sourire, un signe de la main, et tout se passe bien. Choisissez maintenant votre terrasse, montez l'escalier — souvent étroit, parfois raide, attention aux peaux qui pendent dans la cage — et installez-vous au bord de la balustrade. Je vous retrouve en haut pour le grand panorama.

  5. 5

    Tanneries Chouara depuis la terrasse

    Vous voilà accoudé à la balustrade, le souffle sans doute un peu coupé. Devant vous, une mosaïque de cuves circulaires emboîtées les unes dans les autres comme une ruche horizontale. À gauche, des cuves d'un blanc crayeux. Au centre et à droite, des cuves colorées : ocre, brun, rouge sang, indigo profond, jaune safran. Et entre les cuves, des silhouettes, hommes pieds nus, jambes nues retroussées jusqu'aux genoux, qui foulent les peaux dans le bain à la manière des vendangeurs anciens. Ce que vous voyez, c'est l'image de carte postale absolue de Fès, et l'un des plus anciens sites industriels encore actifs au monde. Les tanneries Chouara, c'est leur nom officiel, fonctionnent au même endroit, avec à peu près les mêmes techniques, depuis le XIe siècle. Mille ans. Le procédé se déroule en deux grandes phases. Première phase, les cuves blanches, à votre gauche : ce sont des bains de chaux vive et — accrochez-vous — de fiente de pigeon. La fiente de pigeon contient de l'ammoniaque, qui assouplit les peaux et permet d'enlever les poils résiduels. La chaux dégraisse et nettoie. Les peaux y trempent plusieurs jours, sont battues, foulées, retournées. C'est aussi de cette première phase que vient la majeure partie de l'odeur. La fiente est récoltée auprès des éleveurs de pigeons de la médina — il y a tout un commerce de fiente à Fès, ce que vous ne trouverez pas dans les guides touristiques. Deuxième phase, les cuves colorées : le tannage proprement dit, puis la teinture. Le tannage utilisait jadis le tan, un extrait d'écorce de chêne riche en tanins, qui assouplit la peau et la rend imputrescible. La teinture utilise des colorants végétaux : le coquelicot pour le rouge profond, l'indigo pour le bleu, le henné pour l'ocre rouge, le safran pour le jaune, la grenade pour le brun. À chaque couleur sa cuve, à chaque cuve son recettier qui se transmet de père en fils. Aujourd'hui, comme dans le souk Sebbaghine, les colorants sont très majoritairement synthétiques pour des raisons de coût et de tenue, mais quelques ateliers de luxe maintiennent les recettes végétales pour le cuir haut de gamme. Les peaux travaillées ici sont essentiellement de mouton, de chèvre, de vache, et plus rarement de chameau. Elles arrivent fraîches des abattoirs de la médina, sont triées, lavées, traitées, séchées sur les terrasses environnantes, vendues, et finissent en babouches, vestes, sacs, poufs, ceintures. Le cycle complet dure de quelques semaines à plusieurs mois selon la qualité. Quelques mots sur les hommes que vous voyez en bas. Ce sont les tanneurs — terkjia ou debbagha — un métier dur, héréditaire, peu payé, mal considéré socialement, et exposé à de réels risques sanitaires. La tradition fait que ce sont presque toujours des hommes des mêmes familles qui se transmettent les places dans les cuves. Une grande rénovation a été menée en 2016 par les autorités marocaines : les sols ont été refaits, l'évacuation des eaux modernisée, des systèmes de protection ajoutés. Mais le métier reste pénible. Si vous achetez du cuir de Fès en redescendant, vous savez désormais ce que représente chaque dirham que vous payez. Une dernière chose avant de quitter la terrasse : prenez une grande respiration — pas trop grande — et regardez l'ensemble. Les Chouara sont uniques au monde. Elles existaient à Cordoue, à Damas, au Caire, à Tunis. Elles ont disparu partout. Ici, elles vivent. C'est une chance de les voir. Redescendez tranquillement par l'escalier, saluez le marchand, regardez ce qu'il propose si ça vous intéresse, et quittez la boutique. On continue 100 mètres plus loin, vers le souk Cherratine.

  6. 6

    Souk Cherratine, le cuir fini

    Vous voilà dans le souk Cherratine, et le contraste est saisissant. L'air est plus clair, l'odeur a presque disparu, la lumière revient, et tout autour de vous, des étalages magnifiques de cuir fini : pyramides de babouches dans toutes les couleurs imaginables, sacs en cuir naturel, vestes, ceintures, poufs marocains qu'on voit aujourd'hui dans tous les salons du monde. Cherratine, en arabe, vient de la racine charrat, qui signifie celui qui coupe ou qui taille la lanière. C'est le souk des artisans qui transforment le cuir tanné en objets finis. Le travail typique du souk Cherratine, c'est la couture à la main au fil ciré, avec une grosse aiguille courbe. Vous pouvez voir certains artisans à l'œuvre, assis en tailleur sur leur petit tabouret, à l'entrée de leur échoppe : ils maintiennent la pièce de cuir entre leurs genoux, percent, passent l'aiguille, tirent, percent à nouveau. Une paire de babouches simple peut prendre deux heures de travail. Une bonne paire en cuir épais, doublée, ornée, peut prendre une journée entière. Et les sacs et vestes haut de gamme, plusieurs jours. Petit guide rapide d'achat, parce que c'est le moment où jamais. Pour les babouches, comptez 80 à 200 dirhams pour de l'entrée de gamme, 200 à 500 pour de la vraie qualité, et au-delà pour les pièces brodées. Pour un pouf en cuir naturel, 300 à 600 dirhams selon la taille. Pour un sac en cuir véritable, demandez à voir l'envers : un cuir véritable a un envers fibreux et irrégulier, un faux cuir a un envers lisse et synthétique. Et négociez : c'est l'usage. Première offre du marchand, divisez par deux ou trois, puis remontez doucement vers un point d'accord. Levez les yeux : sur l'un des côtés du souk, vous distinguez le portail discret de la médersa Cherratine. Construite en 1670 par le sultan alaouite Moulay Rachid, elle est plus tardive que celles que nous avons vues précédemment, et son style est très différent : moins exubérant, plus sobre, plus austère. C'est l'esprit alaouite contre l'exubérance mérinide. Cette médersa était la plus grande de Fès en termes de capacité d'hébergement : elle pouvait loger jusqu'à 200 étudiants. Aujourd'hui, elle se visite partiellement. Si vous êtes amateur d'architecture comparée, l'écart entre Bou Inania et Cherratine est instructif. Le souk Cherratine est aussi un lieu de transit important. Beaucoup de visiteurs y croisent leur chemin avec des Marocains de Casablanca ou de Rabat venus s'équiper en cuir traditionnel pour un mariage ou un événement familial. Le cuir de Fès reste, à l'échelle nationale, un cuir de prestige. Les babouches d'ici ont la réputation d'être les plus durables, les plus belles, les mieux finies du Maroc. Que vous achetiez ou non, sachez que vous êtes au sommet d'une chaîne artisanale qui a commencé dans une cuve de chaux à 100 mètres d'ici. Pour notre dernière étape, nous allons reprendre vers la Talâa Kebira ou la place R'Cif, en sortant du dédale par l'une ou l'autre extrémité. Marchez environ 150 mètres en direction du sud-ouest.

  7. 7

    Sortie : retour Talâa Kebira ou place R'Cif

    Vous arrivez au terme de notre parcours dans le quartier des tanneries et des souks artisans. À ce stade, deux options s'offrent à vous, selon votre niveau d'énergie et votre programme. Première option, vous continuez plein sud sur environ 200 mètres : vous arrivez sur la place R'Cif, l'une des rares zones de la médina où passent les petits taxis rouges. C'est l'option pratique si vous logez à l'extérieur de la médina, dans la ville nouvelle, ou si vos jambes vous le réclament. Comptez 15 à 25 dirhams pour rejoindre la ville moderne, à condition de demander au chauffeur d'enclencher le compteur, ce qu'on appelle ici le compteur al-adad. Deuxième option, vous remontez la Talâa Kebira par la branche est, sur environ 800 mètres, jusqu'à Bab Boujloud. C'est l'option contemplative : vous voyez la médina dans le sens montant, sous une lumière différente, et vous bouclez en quelque sorte la boucle commencée plus tôt. C'est aussi l'option qui vous permet de croiser à nouveau les échoppes que vous avez peut-être repérées en descendant et qui méritent un second regard. Comptez vingt minutes de marche. Quelle que soit votre option, prenons un moment pour faire le bilan. En 900 mètres et environ une heure quarante avec les arrêts, vous avez traversé la moitié la plus charnelle de Fès el-Bali : le souk Attarine et ses parfumeurs, l'ombre fraîche du souk Henna et ses produits du hammam, l'humidité des ateliers Sebbaghine, les sollicitations chaleureuses des marchands de cuir, l'incomparable panorama des tanneries Chouara depuis une terrasse, et enfin l'élégance du souk Cherratine et ses cuirs finis. Vous avez vu une médina qui transforme la matière, du brut au fini, dans le même kilomètre carré. C'est une chaîne complète qui s'est maintenue depuis le Moyen Âge et qui vous a accueilli aujourd'hui. Si vous avez envie d'aller plus loin sans marcher davantage, HelloMorocco vous propose un tour audio « L'histoire de Fès » à écouter confortablement, où l'on prend le temps de raconter la fondation de la ville, les dynasties, le rôle religieux, le tournant du protectorat et la Fès d'aujourd'hui. Posez-vous, prenez un thé, et laissez-vous emporter. À très bientôt sur HelloMorocco, et bonne suite à Fès.

Infos rapides

Durée
1h40
Distance
0.9 km
Difficulté
medium
Langues
FR